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Oberalppass: cabane Etzli - Piz Giuv (3096)

Un peu avant 8 heures après 2 bonnes heures de route, nous arrivons à Andermatt nouvelle Mecque du ski de masse de Suisse Centrale. Plus de parc à ciel ouvert mais dans les sous-sols de la pyramide, démesure de notre monde, art égyptien au milieu des Alpes uranaises.
Avec notre flair infaillible d’alpinistes, nous trouvons une petite porte de sortie dans ce labyrinthe et quittons cet univers de béton. A la gare c’est la foule des grands jours et c’est un peu à l’arrache que certains pourront prendre un café à l’emporter. Arrivé au col de l’Oberalp, après un passage aux toilettes et un petit café pour d’autres payé à un pesant d’or, nous chaussons nos montures et nous mettons en route sous un soleil éclatant. Une petite descente avec les peaux, histoire de bien se réveiller, nous amène à la première pause de la journée. S’ensuit une longue montée et une enfilade de conversions, maitrisées haut la main par tous pour rejoindre le col à gauche du Giuvstöckli. Une première descente agréable nous amène sur le plateau au pied des 2 itinéraires possibles. Après la pause-pique-nique, le commando des jeunes CDC et gourmands de dénivelés opte pour l’ascension du Piz Giuv, alors que nous partons en direction du Col du Piz Nair.
A mi-chemin nous rejoignons un chêne centenaire au pied duquel nous pûmes déposer nos problèmes de cœur et de job. Déchargés de ce fardeau, c’est légers comme des oiseaux que nous atteignons le col et ses rafales de foehn. 2-3 pas de dévarappe dans les rochers et nous atteignons le haut du magnifique vallon qui nous mène à la cabane. Aujourd’hui cette pente ressemble plutôt à une mer penchée avec ces multiples vaguelettes qu’à un vallon de freerider. Après quelques petits problèmes de chaussage de skis…nous attaquons cette neige à tolérance zéro, les skis tappent, plient, coupent, nos genoux grincent et amortissent, certains font même des étincelles. Après une période d’apprivoisement, nous apprenons à repérer les secteurs plus lisses qui sont finalement relativement bien skiables.

Sur le coup des 4:00 nous arrivons à la cabane et après avoir chassés nos soucis auprès du chêne, c’est auprès de 2 bottes de bières que nous chassons notre fatigue du jour. Bientôt les 7 vaillantes et vaillants alpinistes du groupe nous rejoignent et commentent leurs exploits du jour: le sommet du Piz Giuv et la descente dans une goulotte de 15m pour atteindre le haut de la pente skiable. Bon accueil et repas à la cabane Etzli qui n’est pas du tout bondée pour un samedi soir, si bien que chacune et chacun a eu droit à 2 couchettes excepté bien sûr les 2 couples du groupe.
Après avoir entendu pour la énième fois comme la neige était bonne la semaine dernière au Basodino, nous allons nous coucher et nous nous endormons bercés par les rafales de foehn qui ébranle la cabane.

Après une première journée magnifique, la deuxième ne pouvait pas nous décevoir, et comme d’habitude ce fut le cas. Imaginez une nuit sans ronfleur et un réveil planifié pour 7, quasiment 9 heures de sommeil, une vraie grasse mat. pour un dimanche matin.

Pas de blagues et de coups fourrés de la part de notre météorologue préférée Mélancolie Lajoie dit Savoie en Suisse Centrale, le foehn était bien là, mais pas trop quand même, ce qui a encouragé Laurent à rejoindre le sommet prévu et à renoncer au couloir du Chli Mutsch que nous avons pu observer du bas… un sacré couloir, on reviendra ! Sur un rythme pépère grandement apprécié, nous avons longé l’arrête du Mittelplatten, puis remonté une grande combe jusqu’au col au pied de l’arête du Chrüzlistock à 2717 m. Mais que fout-il là ce Stock au pays des Fuorcla, Lag et autres Piz ? Encore un coup fourré de ce sacré Berthold von Zähringen… Nous avons rejoint le sommet à pied agrémenté de quelques pas d’escalade où il n’aurait pas fallu se louper. Avec une ligne à haute tension dans les airs et le Tunnel de base du Saint-Gothard 2000 m sous nos pieds, les points de repères ne manquèrent pas pour que Laurent nous déniche une variante dans un petit couloir encore bien poudreux. De là, la balade s’enchaîna dans des paysages doux, parsemés de rochers et truffés de petites pentes à découvrir. Après une dernière montée sur le Cashlè Sud à 2524, sur les lattes nous avons pris le chemin du retour pour Rueras, puis le train jusqu’à Andermatt.

Et la bière ? Et les comptes ? Et les au revoir ? A Erstfeld pardi, dans un bistrot aussi glauque que tous les autres de la rue principale, mais par chance ouvert et dans lequel nous avons pu étancher notre soif.

Un grand merci à Nicolas M. pour la rédaction du dimanche, à tous les CDC adjoints pour tous les petits gestes qui simplifient la vie du CDC et à toute l’équipe pour les bons moments partagés. Laurent