Activités (Actifs)

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Gran Paradiso(4061m) (course modifiée)

Jour 1 – Le Pont - Rif Vittorio Emanuele

Il est 6h, les oiseaux gazouillent, Bienne s'éveille et je n'ai pas sommeil. Gilou et les boute-en-train du plateau de Diesse arrivent comme toujours pile à l'heure, nous chargeons Olivier à Port et c'est parti pour une première étape jusqu'à notre bivouac Napoléon adoré. Nous y retrouvons Christine, Nico, Antoine et Marcel pour un premier café. Il neige, les camions n'ont pas encore le droit de passer, c'est le printemps ailleurs mais nous on cherche l'hiver, c'est dans nos gènes. Cette fois-ci nous cherchons l'hiver en Italie, dans le Val d'Aoste. C'est derrière la voiture de Marcel que nous nous approchons du Grand Paradis, et nous avons le temps de voir le paysage … Les noms des villages sont en français, un peu tout est en français, ça attise la curiosité de tous : pourquoi ? depuis quand ? ces questions nous taraudent l'esprit.

Notre route s'arrête au fond du Valsavarenche, à Pont. Puisque nous avons le temps, un dernier café s'impose dans le petit resto du coin. Il y règne une ambiance de fond de vallée qui me rappelle mon Jura natal, jeux de cartes interdit ici, ils doivent avoir des histoires à raconter.

D'en bas, on se demande un peu par où on va bien pouvoir passer, mais on réussi à se faufiler entre les mélèzes et les falaises. Il y a assez peu de traces, c'est prometteur pour la cabane. La montée n'a pas un immense intérêt, mais la cabane Vittorio Emanuele II vaut le coup d'œil. Avec son toit oval en tôle brillante, elle fait penser à une station scientifique dans une région arctique. L'intérieur est bien celui d'une cabane italienne : les parois des couloirs sont couvertes d'autocollants de guides, d'agences et d'expéditions, il fait froid mais c'est chaleureux, un reggae colombien ajoute une note de plus dans ce dépaysement. Le gardien, un grand black, nous annonce dans un français parfait que la cabane vient d'ouvrir, que nous serons ses premiers hôtes, et que l'hélicoptère n'a pas pu faire de ravitaillement à cause du vent, le souper sera sans doute végétarien, c'est mieux que rien. Dans le réfectoire, les autres 45 premiers hôtes réchauffent déjà un peu la pièce en passant le temps. Dans les chambres, les fenêtres sont opaques de givre, c'est chouette et c'est là, sous les couvertures, que je vais essayer de faire passer mon refroidissement.

Jour 2 – Rif Vittorio Emanuele- Gran Paradiso(4061m)

Après une nuit bien givrée dans les « chambres froides » du Rifugio Vittorio Emanuele II (on hésite encore entre refuge et congélateur…), nous voilà d’attaque pour affronter le mythique Grand Paradis. Conditions de rêve : grand soleil, zéro vent, et même les hélicos ont repris du service dès l’aube pour finir de ravitailler la cabane. Bon, les -22°C annoncés piquent un peu… mais très vite, sous l’effet du soleil, on range les couches en trop et les collants au fond du sac. Comme quoi, on part toujours trop couverts !

La montée se déroule sans encombre jusqu’au glacier du Grand Paradis, où l’on s’encorde par équipes de trois. L’ambiance devient plus sérieuse, mais toujours aussi magique. On poursuit jusqu’au dépôt des skis, au pied du sommet. Là, place aux crampons et à la concentration pour aller saluer la fameuse madone. À la clé : un sommet grandiose et une vue à 360° qui vaut largement chaque pas.

À peine le temps de savourer qu’on attaque déjà la longue descente, en suivant notre chef de course à la trace à travers le splendide glacier de Laveciau, réputé pour ses crevasses (on confirme…). Neige changeante au menu : dure, carton, et parfois — jackpot — de belles zones de poudreuse pour les plus chanceux.

La suite ? Une descente ludique dans de superbes vallons de moraines, entre recherche de la meilleure neige… et du bon itinéraire. Puis arrive la cerise sur le gâteau : une immense forêt de mélèzes, à dévaler façon slalom de Coupe du monde. Les jambes, déjà bien entamées après plus de 1700 m de négatif, brûlent franchement sur les 500 derniers mètres. Mais quel kif !

Au final, la montre affiche fièrement 2300 m de descente, rien que ça !

Et non, l’apéro n’est pas encore gagné… Il faut d’abord récupérer les voitures pour rejoindre Rhêmes-Notre-Dame, à 40 minutes de là. Installation, douche express, et enfin — ENFIN — apéro à 19h, suivi d’un superbe souper à l’italienne bien mérité.

Une journée longue, intense… et carrément inoubliable.

Jour 3 – Le Thumel - La Vaudalettaz- PT2790m

Après la longue journée d'hier au Paradis, les chef.fe.s de courses nous proposent une journée plus cool, mais pas plus froide.


Caroline nous explique le topo. Départ du village, montée tranquille jusqu'au Thumel par la piste de fond. Puis montée direction Col de Leynir. Après l'échauffement en fond de vallée, les cales deviennent nécessaires dès le pont de Thumel, la montée dans la forêt jusqu'à la Vaudalettaz est bien exigeante. Dès la sortie de la forêt nous sommes tous d'accord, l'enneigement est bien meilleur que dans le Valsavarenche...on commence à se réjouir pour la descente. Les paysages sont magnifiques, un large couloir vierge et poudreux n'a pas échappé à la vue de plus d'un.e.

Pique-nique un peu venteux sur un plateau à 2700m, à l'abri de qq blocs erratiques, vestiges du défunt glacier de Vaudalettaz. Le col Leynir, notre but n'est pas très encourageant, trop loin et un peu dégarni. Le couloir repéré à la montée est à 500m à l'ouest. Et hop ni une ni deux...magique...nous savons à nouveau tous bien skier.

Encore quelques beaux passages, à travers une forêt de mélèzes qui nous laissent bien suffisamment de place pour tous. Un final au pas de patineur sur la piste de fond nous amènent directement à l'apéro sur la terrasse chez Lydia.

Encore une superbe journée de ski, dans ce val d'Aoste, qui regorge d'innombrables possibilité de ski.. on reviendra.

Jour 4 – Bruil - Rhêmes-Notre-Dame - Tête d’Entrelor en boucle

Départ de Bruil. Gilles nous promet une sortie « light » avec du beau temps, 800 m de montée, rien de méchant. Comme par hasard l’ambiance est bonne et l’envie de profiter une dernière fois de la région nous motive.

La montée se déroule dans une forêt splendide, si paisible qu’on se demande si on ne devrait pas y acheter un chalet, y rencontrer Courbet ou y voir un lièvre variable… à moins que ce se soit un gypaète, observé sur le flan d’en face. Les mélèzes nous accompagnent, et chacun se dit que finalement, 800 m, c’est presque la promenade digestive de notre dernier souper.

À la sortie de la forêt, des couloirs apparaissent en face de nous… ils nous font de l’œil… ils nous appellent… et on fait semblant d’être raisonnables. On observe, on discute. Puis on décide de les atteindre depuis le sommet et de les attaquer à rebrousse-poil puisque l’on est des gens sérieux.

Arrivés à la Tête d’Entrelor (2’580 m), tout le monde est d’accord : la promesse de poudreuse est encore plus belle pour les héros du jour que les camparis spritz de la veille. Pour attaquer le couloir, deux écoles se dessinent, ceux qui portent sur l’arête et ceux qui y entrent en direct. Eh oui, une vraie descente dans la poudre qui nous rappelle que le virage du skieur peut aussi se faire sans effort et que le carton visité ces derniers jours reste bel et bien une mauvaise invention.

La fin de la descente se transforme en chasse au trésor : trouver les derniers mètres carrés de poudreuse entre les arbres et les pentes bien orientées. Résultat : zigzags, rires, cache-cache et quelques discussions philosophiques sur la répartition des branches trop proches. Un dernier schuss nous confie aussi que le ski cross peut prendre au jeu même les petits enfants.

Arrivée Chez Lydia, là où le temps s’arrête on comprend qu’ici, lorsque l’on commande un café, dans le Val de Rhêmes le temps ne passe pas, il flâne... On savoure un moment suspendu, un moment calme qui continue, comme bercé par la cafetière valdôtaine aux mille goulots que nous n’avons pas même essayée.

Une dernière journée qui résume tout le séjour : de la neige, de la bonne humeur, un brin de folie, et cette impression que la montagne nous a offert un cadeau supplémentaire avant de partir. Une fin de séjour avec trop de tout, mais jamais trop quand même.

Oui, 4 jours magnifiques au Paradis. Nous sommes tous d’accord….nous reviendrons dans de Val d’Aoste...des possibilités de ski sans fin, l’accueil italien, les paysages à couper le souffle !
Et merci aux rédacteurs: AF, NM, OJB, GB,...